La cybercriminalité en France atteint un nouveau palier le 18 février 2026 avec l’annonce d’une intrusion massive dans les systèmes de la Direction générale des finances publiques (DGFiP).
Pour la première fois, les fichiers fiscaux nationaux, y compris les fichiers des comptes bancaires (Ficoba), sont directement visés, compromettant les données de plus de 1,2 million de contribuables.

Ainsi, dans un écosystème où les informations bancaires sont devenues la cible privilégiée des réseaux criminels, la protection de vos données n’est plus une simple recommandation, mais un impératif de sécurité nationale.
Pour vous aider à sécuriser et sauvegarder vos données personnelles, nous aborderons dans cet article les points stratégiques suivants :
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Qu’est-ce que le Ficoba ?
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Comment réagir face à la divulgation de votre IBAN ?
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12 règles pour sécuriser vos données et ne pas se faire pirater
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Que faire en cas de fraudes aux comptes bancaires
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Que faire si vous êtes victime d’une cyberattaque ?
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L’écosystème juridique face au piratage des données
Si vous souhaitez déposer une plainte à la suite d’une cyberattaque ou faire appel à un avocat spécialisé pour sécuriser vos procédures judiciaires, le cabinet Belhaouci est à votre disposition.
PRENDRE RDVPour obtenir une assistance et prévention en matière de cybersécurité, vous pouvez vous rendre sur le portail officiel :
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1. Qu’est-ce que le Ficoba ?
Le Fichier National des Comptes Bancaires et Assimilés (FICOBA) est une base de données administrative gérée par l’administration fiscale.
Son rôle est de recenser l’ouverture, la modification et la clôture de tous les comptes ouverts en France.
Ce que le FICOBA contient :
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Identité des titulaires de comptes : Nom, prénom, date et lieu de naissance, numéro de SIRET, dénomination ou raison sociale ainsi que l’adresse de l’usager.
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Détails bancaires : Nom et adresse de l’établissement bancaire, coordonnées bancaires (IBAN et RIB) et nature du compte (courant, épargne, titre, etc.).
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Opérations de vie du compte : Dates d’ouverture, de modification ou de clôture.
Les informations restent enregistrées dans Ficoba pendant 10 ans après la clôture du compte.
Ce que le FICOBA ne contient PAS :
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Le solde de vos comptes
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Le détail de vos opérations
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Vos codes secrets ou identifiants
2. Comment réagir face à la divulgation de votre IBAN ?
La fuite de votre IBAN à la suite du piratage de 2026 ne donne pas, en théorie, accès direct à vos fonds. Cependant, elle constitue le point de départ d’attaques par ingénierie sociale particulièrement redoutables.
Si votre IBAN est exposé publiquement :
- Alerte au spoofing : attendez-vous à recevoir des appels de « faux conseillers bancaires » qui peuvent citer votre banque et votre numéro de compte exact pour gagner votre confiance.
- Risque de prélèvements frauduleux : bien qu’un mandat SEPA soit requis, certains fraudeurs parviennent à forcer des retraits auprès d’organisations qui ne sont pas très vigilantes.
- Vigilance accrue : ne validez jamais une transaction via votre application bancaire à la demande d’un tiers au téléphone.
3. Les 12 règles pour sécuriser vos données et ne pas se faire pirater
Compte tenu de l’ampleur de l’attaque de février 2026, la protection de vos données est désormais une priorité.
Voici 12 règles à suivre pour sécuriser vos données et éviter d’être piraté.
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Vérifiez l’intégrité de vos comptes : C’est le réflexe numéro un. Accédez à votre espace particulier pour consulter la liste des comptes répertoriés à votre nom et détecter d’éventuels comptes « fantômes » ouverts à votre insu.
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Activez l’authentification forte (2FA) : Ne vous contentez plus d’un mot de passe. Utilisez la biométrie, des applications comme Google Authenticator ou les clés de sécurité physiques pour tous vos accès (emails, impôts, banque).
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Utilisez la messagerie sécurisée : Pour tout échange avec l’administration fiscale, passez exclusivement par l’espace sécurisé d’impots.gouv.fr plutôt que par des emails standards.
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Créez et changez régulièrement vos mots de passe : Si vous utilisez le même mot de passe pour votre banque et vos emails, vous êtes vulnérable. Utilisez au moins 12 caractères (majuscules, minuscules, chiffres, caractères spéciaux) et évitez les termes du dictionnaire ou personnels. Utilisez l’outil de la CNIL pour les générer.
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Mettez vos systèmes à jour : Les agresseurs exploitent les failles non corrigées des logiciels, navigateurs et antivirus obsolètes.
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Sauvegardez vos données : Utilisez un disque dur externe ou une clé USB pour retrouver vos fichiers en cas d’attaque.
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Méfiez-vous des liens (Phishing) : Ne cliquez pas sur les liens dans les emails ou SMS douteux ; saisissez manuellement l’adresse dans votre navigateur.
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Vigilance sur les pièces jointes : Attention aux extensions suspectes (.exe, .bat, .vbs). En cas de doute sur un expéditeur habituel, contactez-le par un autre canal.
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Évitez le compte administrateur : Pour la navigation quotidienne, utilisez un compte « utilisateur » pour limiter les droits d’un éventuel logiciel malveillant.
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Contrôlez vos partages : Ne diffusez pas de coordonnées ou données sensibles sur les forums ou réseaux sociaux.
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Utilisez un antivirus et un pare-feu : Le pare-feu limite les connexions suspectes tandis que l’antivirus empêche les fichiers malveillants de nuire.
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Vérifiez la fiabilité des sites d’achat : Assurez-vous de la présence du « https », vérifiez les mentions légales et la réputation du site avant tout paiement.
4. Que faire en cas de fraudes aux comptes bancaires
Si vous remarquez une activité suspecte ou si vous êtes victime d’une intrusion, la DGFiP recommande trois mesures immédiates :
- Ne pas répondre : Ne donnez jamais suite aux SMS ou courriels demandant vos identifiants ou numéros de carte bancaire.
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Contacter le service officiel : Appelez votre service des impôts ou votre banque via les numéros officiels trouvés sur vos relevés, et non via les liens reçus par message.
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Collecter les preuves : Conservez les messages frauduleux, les adresses des sites miroirs et faites des captures d’écran pour faciliter une plainte ultérieure.
5. Que faire si vous êtes victime d’une cyberattaque ?
Si vous constatez une utilisation frauduleuse de vos données personnelles :
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Préservation des preuves : Conservez systématiquement les captures d’écran, les adresses URL suspectes et les messages reçus.
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Signalement et diagnostic : Utilisez les ressources du site cybermalveillance.gouv.fr pour un diagnostic et un accompagnement.
6. L’écosystème juridique face au piratage des données
Le droit pénal informatique, en particulier l’article 323-3-1 du Code pénal, réglemente strictement la possession et l’utilisation d’outils de piratage.
Alors, les cabinets d’avocats tels que Belhaouci Avocat, spécialisés en cybercriminalité, jouent un rôle décisif.
Rôle de l’avocat : il aide à prouver que le système de sécurité de la banque était défaillant ou que la manipulation subie par la victime était indétectable.
Quand consulter un avocat : dès que la banque refuse de rembourser les fonds après une fraude ou si vous êtes victime d’une usurpation d’identité complexe.
Pourquoi choisir Maître Belhaouci ?
Fort d’une compréhension approfondie de l’article 323-3-1 du Code pénal et des outils de cybersécurité, Maître Belhaouci sait distinguer les usages légitimes des usages illicites.
Pour les personnes mises en cause, il analyse les éléments de l’accusation, identifie les moyens de défense appropriés et démontre l’existence d’un motif légitime le cas échéant.
Pour les professionnels de la cybersécurité, il vous conseille sur les précautions à prendre, vous aide à documenter vos activités et à sécuriser juridiquement vos prestations.
Sa double compétence technique et juridique lui permet de dialoguer efficacement avec les experts et de faire valoir les spécificités de votre activité.
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FAQ : Vos questions sur le piratage de fichiers Ficoba
1. Comment savoir si je fais partie des 1,2 million de victimes de la fuite FICOBA ?
La DGFiP informe individuellement les usagers affectés par cette fuite de données.
Vous recevrez généralement une notification via la messagerie sécurisée de votre espace personnel sur impots.gouv.fr ou par courrier postal. En cas de doute, contactez directement votre service des impôts pour vérifier l’authenticité d’un message reçu.
2. Mon IBAN a fuité, dois-je immédiatement clôturer mon compte bancaire ?
Non, la clôture immédiate n’est pas une obligation, mais vous devez redoubler de vigilance. Un IBAN seul ne permet pas de vider un compte sans mandat de prélèvement, mais il facilite les tentatives d’escroquerie.
Voici la marche à suivre :
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Informez votre banque : Contactez-les immédiatement pour signaler la situation ou restez extrêmement attentif aux appels entrants de votre banque ou de vos fournisseurs de services.
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Renforcez la surveillance : Consultez vos comptes régulièrement (au moins une fois par semaine) via votre application ou site bancaire pour détecter et signaler toute opération anormale. En cas de prélèvement non autorisé, vous pouvez le contester pour obtenir un remboursement.
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Contrôlez vos bénéficiaires : Depuis votre espace client, vérifiez chaque bénéficiaire enregistré pour les virements et les prélèvements. Actualisez cette liste sans délai si nécessaire
3. Que faire si ma banque refuse de me rembourser après une fraude liée au FICOBA ?
Tout d’abord, si des fraudeurs ont utilisé une ruse élaborée pour vous piéger, la banque ne peut pas invoquer une négligence grave pour vous refuser un remboursement ou vous proposer un remboursement partiel.
Si votre banque refuse de vous rembourser sans prouver qu’il y a eu fraude ou négligence grave de votre part, la loi prévoit des pénalités sous forme d’intérêt.
Ceux-ci sont calculés sur la base du taux légal par jour de retard.
Dans ce cas, l’appui d’un avocat spécialisé est crucial pour démontrer que la sophistication de l’attaque, facilitée par l’usage de données réelles issues de fuites, rendait la manipulation indécelable pour la victime.
4. Comment créer un mot de passe que les logiciels de piratage ne peuvent pas casser ?
Utilisez des mots de passe longs (au moins 12 caractères) comprenant des lettres majuscules, des lettres minuscules, des chiffres et des caractères spéciaux.
Évitez les mots figurant dans les dictionnaires ou les informations personnelles telles que votre date de naissance, car les pirates informatiques utilisent des logiciels qui génèrent toutes les combinaisons possibles.
Vous pouvez utiliser l’outil de génération de mots de passe sécurisés de la CNIL pour vous assurer de leur efficacité.


