Le prix d’une cyberassurance en France varie généralement de quelques centaines à plusieurs milliers d’euros par an pour une PME, selon son activité, son niveau de cybersécurité et les garanties choisies.

Contrairement à d’autres assurances professionnelles, il n’existe pas de tarif standard : chaque assureur évalue le niveau de risque propre à l’entreprise avant de proposer un contrat.

Deux entreprises présentant un niveau d’activité comparable peuvent pourtant recevoir des propositions tarifaires très différentes. Une entreprise disposant de sauvegardes sécurisées, d’une authentification multifactorielle et d’une politique de cybersécurité structurée ne présente pas le même niveau de risque qu’une organisation moins préparée face aux attaques informatiques.

Le coût d’une cyberassurance ne doit pas être évalué uniquement à travers le montant de la prime annuelle. En cas de cyberattaque, l’enjeu principal est de déterminer si le contrat permettra effectivement une indemnisation lorsque l’entreprise en aura besoin. Les garanties prévues, les exclusions et les obligations imposées par l’assureur peuvent avoir un impact déterminant sur la prise en charge du sinistre.

L’essentiel à retenir
  • Il n’existe pas de tarif standard : le prix dépend entièrement du profil de risque de l’entreprise.
  • Une cyberattaque peut représenter plusieurs dizaines de milliers d’euros de coûts pour une PME (200 € – 10 000 € par an.).
  • Le prix dépend du secteur, du chiffre d’affaires, des données traitées, du niveau de sécurité, et de l’historique de sinistres.
  • Une cyberassurance n’offre une protection réelle que si les garanties, exclusions et obligations contractuelles sont adaptées aux risques de l’entreprise.

1. Quel est le prix d’une cyberassurance en France ?

Le prix d’une assurance cyber entreprise n’est pas fixé selon une grille standard : chaque contrat dépend du profil de risque présenté par l’organisation.

Chaque contrat est construit selon le niveau de risque présenté par l’entreprise.

Profil d’entreprise Fourchette de prix indicative
Micro-entreprise À partir de quelques centaines d’€/an
TPE Quelques centaines à environ 1 500 €/an
PME Environ 1 000 € à plusieurs milliers d’€/an
ETI / Grande entreprise Sur devis, selon les risques

À noter : ces montants sont fournis à titre indicatif. Chaque assureur applique sa propre politique tarifaire en fonction de son analyse du risque et des garanties souscrites.

Contrairement à une assurance automobile ou multirisque professionnelle, la cyberassurance n’est pas tarifée selon une grille standard. Chaque assureur construit son offre après avoir évalué le niveau d’exposition réelle de l’entreprise aux risques cyber.

Le montant de la prime dépend principalement du niveau de couverture choisi, du montant des garanties souscrites et du profil de risque présenté par l’entreprise.

2. Quels facteurs influencent le prix d’une cyberassurance ?

Le prix d’une cyberassurance varie fortement d’une entreprise à l’autre, car le risque cyber est complexe et évalué au cas par cas.

Une entreprise fortement dépendante de ses outils numériques peut subir des conséquences financières importantes après une cyberattaque : arrêt de production, impossibilité d’accéder aux données, interruption des services ou perte de revenus.

Voici les principaux facteurs qui justifient les variations de tarifs :

1. Le profil de l’entreprise

  • Le chiffre d’affaires et la dépendance au numérique

Le chiffre d’affaires constitue un indicateur important pour l’assureur, car il permet d’évaluer l’ampleur des pertes potentielles en cas d’interruption d’activité.

Une entreprise fortement dépendante de ses outils numériques peut subir des conséquences financières importantes après une cyberattaque : arrêt de production, impossibilité d’accéder aux données, interruption des services ou perte de revenus.

  • Le secteur d’activité

Toutes les entreprises ne présentent pas le même niveau d’exposition.

Certains secteurs sont considérés comme plus sensibles en raison de la nature des informations traitées ou des conséquences possibles d’une attaque.

C’est notamment le cas :

  • des établissements de santé qui traitent des données médicales ;
  • des acteurs financiers manipulant des données bancaires ;
  • des entreprises de commerce en ligne collectant des informations clients ;
  • des professions réglementées soumises à des obligations renforcées de confidentialité.

Plus les données traitées sont sensibles, plus le risque évalué par l’assureur peut être important.

  • Le volume et la nature des données traitées

Le nombre de données conservées et leur niveau de sensibilité influencent également le montant de la prime.

Lorsqu’une cyberattaque entraîne une violation de données personnelles, l’entreprise doit également prendre en compte ses obligations au titre du RGPD :

  • des coûts de notification auprès des personnes concernées ;
  • des frais d’expertise technique ;
  • des conséquences réglementaires ;
  • des demandes d’indemnisation de la part des victimes.

Une entreprise qui conserve des milliers de données clients représente donc un risque différent d’une structure qui traite peu d’informations sensibles.

En cas de violation de données présentant un risque pour les personnes concernées, l’entreprise peut également être tenue de notifier l’incident à la CNIL dans les conditions prévues par le RGPD.

2. Le niveau de cybersécurité de l’entreprise

Les assureurs évaluent également les mesures mises en place pour réduire le risque d’attaque.

Une entreprise qui démontre une bonne maturité en matière de cybersécurité peut présenter un profil moins risqué.

Les éléments généralement examinés comprennent :

  • Les mesures de protection informatique

L’assureur peut notamment s’intéresser à :

  • l’utilisation de l’authentification multifactorielle (MFA) ;
  • la gestion des droits d’accès ;
  • la mise à jour régulière des logiciels ;
  • la protection des postes de travail ;
  • les dispositifs de surveillance des systèmes.

Ces mesures permettent de limiter certaines attaques, notamment celles liées au vol d’identifiants ou aux accès non autorisés.

  • Les sauvegardes et la prévention des rançongiciels

Les sauvegardes jouent un rôle essentiel dans la capacité d’une entreprise à reprendre son activité après une attaque.

Les attaques par rançongiciel représentent aujourd’hui l’un des risques majeurs pour les entreprises. Elles peuvent bloquer l’accès aux systèmes informatiques, chiffrer les données et provoquer une interruption d’activité pendant plusieurs jours ou semaines. L’ANSSI identifie régulièrement les rançongiciels comme une menace importante pour les organisations françaises.

Des sauvegardes régulières, sécurisées et séparées du réseau principal permettent surtout de réduire l’impact d’un rançongiciel.

  • La sensibilisation des collaborateurs

Le facteur humain reste un élément majeur du risque cyber.

Les assureurs peuvent considérer les actions mises en place :

  • formation des employés ;
  • sensibilisation aux tentatives de phishing ;
  • procédures internes en cas d’incident.

3. Les garanties choisies dans le contrat

Le prix d’une cyberassurance dépend aussi du niveau de protection recherché.

Une couverture plus large implique généralement une prime plus élevée.

Les principaux éléments qui influencent le tarif sont :

  • Le montant des garanties

Une entreprise qui choisit un plafond d’indemnisation élevé bénéficiera d’une protection plus importante, mais la prime sera supérieure.

Le plafond doit toutefois rester cohérent avec les risques réels de l’activité.

  • La franchise

La franchise correspond à la partie du dommage qui reste à la charge de l’entreprise.

Une franchise plus élevée peut réduire le montant de la prime, mais elle augmente également le coût supporté par l’entreprise en cas de sinistre.

  • Les garanties complémentaires

Certains contrats peuvent inclure notamment :

  • les frais d’expertise informatique ;
  • les pertes d’exploitation ;
  • les frais juridiques ;
  • la gestion de crise ;
  • l’accompagnement après une fuite de données.

Plus la couverture est étendue, plus le coût du contrat peut augmenter.

4. L’évolution du risque cyber et du marché de l’assurance

Le prix d’une cyberassurance dépend également du contexte général du marché.

L’augmentation des cyberattaques, notamment les attaques par rançongiciel et les violations de données, a conduit les assureurs à renforcer leurs critères de souscription.

Les entreprises peuvent aujourd’hui être davantage interrogées sur :

  • leurs pratiques de sécurité ;
  • leurs procédures internes ;
  • leur capacité à réagir après une attaque.

La cyberassurance reste un marché récent comparé aux assurances traditionnelles. Les assureurs continuent donc d’affiner leurs modèles d’évaluation du risque afin d’adapter leurs tarifs.

3. Comment les assureurs calculent-ils votre prime de cyberassurance ?

Avant de proposer un tarif, l’assureur réalise généralement une analyse du risque.

Cette analyse repose souvent sur un questionnaire de souscription portant notamment sur :

  • l’organisation informatique ;
  • les mesures de sécurité existantes ;
  • les sauvegardes ;
  • la gestion des accès ;
  • les précédents incidents ;
  • les procédures internes en cas d’attaque.

L’objectif est d’évaluer la probabilité d’un sinistre et son impact financier potentiel.

Deux entreprises ayant le même chiffre d’affaires peuvent donc obtenir des tarifs très différents.

Exemple :

Entreprise A

  • activité peu dépendante du numérique ;
  • peu de données sensibles ;
  • sauvegardes régulières ;
  • authentification renforcée.

→ Risque considéré comme limité.

Entreprise B

  • nombreuses données clients ;
  • outils informatiques indispensables ;
  • absence de procédures internes ;
  • historique d’incidents.

→ Risque plus élevé.

La différence de prix ne vient donc pas uniquement de l’assurance elle-même, mais de la différence d’exposition au risque.

4. Le prix d’une cyberassurance est-il élevé face au coût d’une cyberattaque ?

La question du prix doit être replacée dans son contexte.

Une cyberattaque peut entraîner :

  • une interruption d’activité ;
  • des frais de restauration informatique ;
  • l’intervention d’experts techniques ;
  • des frais juridiques ;
  • une perte de clients ;
  • une atteinte à la réputation.

Selon une étude Asterès publiée en 2024, le coût moyen d’une cyberattaque pour une PME française peut atteindre plusieurs dizaines de milliers d’euros, avec des estimations situées autour de 45 000 à 80 000 €.

Le coût d’une cyberassurance représente donc souvent une fraction du coût potentiel d’un incident majeur.

Mais être assuré ne suffit pas. La question essentielle est :

| Le contrat couvrira-t-il réellement l’entreprise lorsque l’attaque surviendra ?

5. Comment bien choisir sa police de cyberassurance ?

Avant de comparer les prix, comparez les exclusions. C’est le réflexe qui distingue une bonne police d’un contrat qui semble avantageux mais ne couvrira rien le jour où vous en aurez besoin.

Points à vérifier avant de signer :

  • Le plafond de garantie est-il adapté à la taille réelle de votre entreprise ?
  • Les exclusions sont-elles compatibles avec votre activité réelle ?
  • La clause de délai de plainte figure-t-elle explicitement dans le contrat ?
  • Les frais juridiques sont-ils inclus en cas de litige avec l’assureur lui-même ?
  • La réputation de l’assureur sur le traitement effectif des sinistres : un contrat pas cher qui refuse systématiquement d’indemniser ne protège rien.

 

6. Pourquoi une cyberassurance peut-elle refuser d’indemniser ?

Un contrat de cyberassurance ne fonctionne pas comme une garantie automatique. L’indemnisation dépend du respect de plusieurs conditions prévues dans le contrat. Les difficultés apparaissent souvent concernant :

Les exclusions de garantie

Certains contrats excluent certains événements ou limitent fortement certaines indemnisations.

Avant de signer, il faut donc analyser :

  • les exclusions ;
  • les plafonds ;
  • les franchises ;
  • les obligations imposées à l’entreprise.

Le non-respect des obligations de sécurité

Certains contrats imposent des mesures minimales :

  • sauvegardes ;
  • mises à jour ;
  • protection des accès ;
  • procédures internes.

Si ces obligations ne sont pas respectées, l’assureur peut contester la prise en charge.

Le non-respect des délais après l’attaque

Depuis la loi LOPMI, certaines indemnisations liées aux atteintes aux systèmes de traitement automatisé de données peuvent être conditionnées au dépôt d’une plainte dans un délai de 72 heures.

Une entreprise victime d’une cyberattaque doit donc réagir rapidement.

Plus d’informations dans notre article consacré à la règle des 72 heures en cyberassurance.

Conclusion

Le prix d’une cyberassurance ne doit jamais être analysé isolément. Les garanties, les exclusions, les conditions d’indemnisation et les obligations légales peuvent avoir un impact bien plus important que le montant de la prime. Avant de souscrire un contrat, il est donc essentiel d’évaluer le niveau de protection réellement offert en cas de cyberattaque.


Votre cyberassurance refuse de vous indemniser après une attaque ?

Un refus d’indemnisation n’est pas toujours justifié. L’analyse du contrat, des exclusions, des obligations respectées et des circonstances de la cyberattaque permet d’évaluer les recours possibles.

Maître Belhaouci, avocat en cybercriminalité et avocat pénaliste, accompagne les entreprises victimes d’attaques informatiques dans la défense de leurs intérêts.

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FAQ : vos questions sur le prix de la cyberassurance

 

Quel est le prix d’une cyberassurance pour une PME ?

Le prix varie selon le secteur, les garanties choisies et le niveau de risque. Une PME peut généralement prévoir plusieurs milliers d’euros par an selon son exposition.

Une cyberassurance est-elle obligatoire en France ?

Non. La souscription d’une cyberassurance n’est pas obligatoire pour la majorité des entreprises françaises. Elle est cependant fortement recommandée pour les organisations dépendantes du numérique ou manipulant des données sensibles.

Pourquoi deux entreprises paient-elles des prix différents pour une cyberassurance ?

Parce que les assureurs évaluent le risque global : activité, données traitées, sécurité informatique, chiffre d’affaires et historique d’incidents.

Une cyberassurance couvre-t-elle toutes les cyberattaques ?

Non. La couverture dépend du contrat souscrit des garanties choisies et des exclusions prévues.

Peut-on contester un refus d’indemnisation d’une cyberassurance ?

Oui. Un refus peut être analysé afin de vérifier si l’assureur applique correctement les clauses du contrat et les circonstances du sinistre.

Faut-il avoir une bonne cybersécurité pour obtenir une cyberassurance ?

Les assureurs demandent généralement des informations sur les protections existantes et peuvent imposer certaines mesures de sécurité avant d’accepter ou maintenir une couverture.

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